Epices mentales
Spécialiste avertie de la synesthésie, -elle a dirigé un numéro de la revue Autrement sur les odeurs-, Jacqueline Blanc-Mouchet est un metteur en scène d'odeurs et de Parfum. Au travers de sa société TRANSENS, elle produit et réalise des programmes et des installations audio-visuels-olfactifs. Elle a réalisé notamment l'Odorama de la Cité des Sciences et de l'Industrie et va faire planer une odeur de minestrone dans l'exposition de l'architecte et designer italien Gaetano Pesce (Forum de Beaubourg du 26 juin au 7 octobre 1996).
S'il n'est pas encore possible de mettre des odeurs sur Internet, Jacqueline Blanc-Mouchet, préoccupée par "l'avenir du nez" les évoque par des émotions visuelles et sonores. C'est l'ail son odeur forte et sa saveur piquante qui va servir de condiment. Si vous voulez participer au débat et créer un réseau odoriphile prolongez l'expérience par le courrier électronique : transens@imaginet.fr
"Je ne savais pas si je respirais de la musique ou si j'entendais des parfums ou si je dormais dans les étoiles."
- Maupassant
"Le kirsch sonne furieusement de la trompette ; le gin et le whisky emportent le palais avec leurs stridents éclats de pistons et de trombones ; l'eau-de-vie fulmine avec les assourdissants vacarmes des tubas."
- J.K. Huysmans, A Rebours, Charpentier 1899, p. 63
"Les Synesthésies sensorielles ne sauraient (donc) être d'aucun usage public. La subjectivité, essence de ces phénomènes, en restreint l'emploi au sujet lui-même, rigoureusement, sans évasion possible hors de sa personnalité."
- Victor Segalen, Les Synesthésies et l'Ecole Symboliste, Coll. Explorations, Paris Fata Morgana 1981, p. 31
«La meilleure introduction au thème : l'individualisme inhérent à la moindre synesthésie, sera d'autant plus incontournable en ce qui concerne la sphère de l'olfactif.
Bien sûr, odeurs et parfums sont d'admirables déclencheurs des souvenirs ; mais uniquement des nôtres.
Bien sûr, ce sont des sensations exaltantes, évidentes, confondantes ; mais seulement pour soi.
On superpose plus facilement les perceptions visuelles de deux individus que leurs sensations olfactives, qui restent le plus souvent "sur le bout de la langue", faute d'un langage de référence communément définissable.
Sur les lignes de cet ENTREFILET (en anglais mondialisé : Internet) ne circulera donc ni une réelle subjectivité, intransportable -ni une esquisse de ce que pourrait être un jour l'odeur électronique : quand les poules auront des prothèses dentaires, peut-être arrivera-t-on à transporter un signal électrique jusqu'à un casque récepteur, qui stimulera nos récepteurs sensoriels ? Aujourd'hui, malgré les utopies qui percent ça et là, on ne sait pas encore coder les odeurs pour les numériser et les trasmettre, tout simplement parce qu'il ne s'agit pas d'ondes mais de molécules.
Ci-joint un simple jeu banal, trivial à souhait : associer le nez -ce modeste organe des sens qui peut cependant procurer quelques frissons- à tout propos, y compris en dépit du bon sens, si bon lui semble :
1) brancher l'ordinateur ou le magnétoscope -ou le portable à rêves- dans la cuisine, à la campagne, etc.2) ouvrir les narines
2 bis) débrancher la fonction "qu'en dira-t-on ?"
3) cliquer sur tout ce qui a une odeur, même bizarre»
Entrez dans l'expérience TOUT A UNE ODEUR
NE LAISSEZ PAS SEULEMENT LES AUTRES EN PROFITER
TOUT CE QUI PUE NE TUE PAS
TOUT CE QUI TUE NE PUE PAS
CHANGEZ DE TRIBU : SOYEZ ODORIPHILE
Cliquez
sur le cerveau,
le voyage continue !![]()